En France, une franchise ne s’applique pas toujours de la même manière selon les contrats d’assurance. Certains assureurs imposent une franchise fixe, d’autres optent pour un pourcentage du montant des réparations, tandis que certaines garanties peuvent s’en affranchir totalement. La loi ne fixe pas de plafond ni de mode de calcul obligatoire.
L’impact financier de la franchise varie fortement d’un contrat à l’autre, parfois à l’avantage de l’assuré, parfois au bénéfice de l’assureur. De nombreux assurés découvrent ces subtilités seulement après un sinistre, face au montant restant à leur charge.
La franchise en assurance : un mécanisme clé à comprendre
La franchise occupe une place stratégique dans tout contrat d’assurance. En clair, il s’agit du montant qui reste à la charge de l’assuré après un sinistre, une somme mentionnée noir sur blanc dans les conditions générales. Ce seuil n’est jamais laissé au hasard : il est fixé dès la souscription, selon le risque à couvrir, le profil du client, la nature de la garantie.
Les contrats distinguent plusieurs types de franchises, à connaître pour éviter les mauvaises surprises :
- Franchise fixe : un montant figé, prévu au contrat, qui ne change pas selon le montant du sinistre.
- Franchise proportionnelle : un pourcentage des dommages, parfois assorti de montants minimum et maximum pour encadrer le calcul.
- Franchise légale : imposée par la loi, notamment après une catastrophe naturelle.
À chaque sinistre, la franchise s’applique. Ce mécanisme vise d’abord à encourager la prudence : inutile d’ouvrir un dossier si le coût de la réparation ne dépasse pas la franchise. C’est aussi une façon, pour la compagnie d’assurance, d’éviter d’alourdir sa gestion avec des demandes minimes. Parfois, certaines garanties bénéficient d’une absence de franchise : c’est le cas du bris de glace dans certains contrats Matmut, par exemple.
L’équilibre entre montant de la franchise assurance et tarif de la prime se joue à la souscription. Une franchise élevée fait baisser la prime ; à l’inverse, une franchise basse alourdit le tarif annuel. Ce curseur se négocie, s’ajuste, ou peut même disparaître si vous optez pour le rachat de franchise, mais la cotisation grimpe en conséquence. Le conseil : inspectez les conditions de votre contrat franchise. Détaillez chaque garantie, chaque situation : les subtilités abondent et chaque formule a sa logique.
Pourquoi les franchises varient-elles selon les contrats auto, habitation et responsabilité civile ?
Les disparités de franchise entre contrats ne sont jamais arbitraires. Du côté de l’assurance auto, le panorama des risques impose des franchises sur-mesure : bris de glace, vol, incendie, accident… chacune a son seuil. Un bris de glace, par exemple, s’accompagne souvent d’une franchise fixe, là où un accident responsable peut laisser au conducteur une note autrement plus salée, surtout s’il est débutant ou jugé à risque. Les assureurs, que ce soit Matmut, Axa ou d’autres, moduleraient ces montants à partir de la sinistralité et du profil conducteur.
L’assurance habitation, elle, suit une autre logique. Ici, la nature du risque (dégât des eaux, vol, incendie) mais aussi le type de logement ou la localisation (maison, appartement, ville, campagne) influent sur la franchise. Pour un dégât des eaux, la franchise peut aller de 150 € à 400 € ; pour un cambriolage, un seuil minimal et un plafond s’appliquent. L’objectif : trouver l’équilibre entre protection mutuelle et maîtrise du coût des sinistres pour l’assureur.
En responsabilité civile, la franchise reste rare. Elle apparaît uniquement pour quelques options ou cas particuliers. Pour des situations telles que les catastrophes naturelles, une franchise s’impose : la loi fixe alors un montant, sans possibilité de dérogation. Le FGAO applique aussi des franchises obligatoires lorsqu’un accident implique un tiers non assuré.
En définitive, ce jeu subtil autour des franchises traduit la volonté des assureurs d’adapter la couverture au risque, au profil, à la fréquence et à la gravité des sinistres. Quand vous signez un contrat assurance, n’oubliez jamais : la franchise façonne le montant qui vous sera versé en cas de pépin. Mieux vaut la regarder de près.
Fonctionnement concret : comment se calcule une franchise en pratique ?
Dans les faits, le calcul de la franchise varie selon sa nature. La plus courante : la franchise absolue. À chaque sinistre, l’assureur déduit du remboursement le montant fixé à l’avance. Illustration : pour une intervention chiffrée à 1 500 € et une franchise de 300 €, l’assuré reçoit 1 200 €. Ce mode de calcul, détaillé dans les conditions générales, s’applique systématiquement, quel que soit le type de dommage.
La franchise relative, plus rare, mais à connaître, fonctionne autrement. Si le montant du sinistre reste inférieur à la franchise, aucun remboursement. Si la barre est franchie, l’assuré est indemnisé en totalité, sans déduction de la franchise. Ce système, qu’on retrouve parfois en assurance habitation, pousse à ne déclarer que les dégâts réellement significatifs.
Autre cas : la franchise proportionnelle. Ici, l’assuré prend en charge un pourcentage du préjudice, avec souvent un plancher ou un plafond pour éviter les excès. Par exemple, si l’assureur couvre 80 % des dommages en cas d’incendie, il reste 20 % à régler soi-même, dans la limite prévue au contrat.
Enfin, la franchise légale s’applique sans discussion possible pour les catastrophes naturelles. La loi impose ici un seuil, actuellement 380 € pour les particuliers, auquel aucune compagnie ne peut déroger.
Exemples et conseils pour mieux anticiper l’impact de la franchise sur votre indemnisation
Bien calibrer sa franchise au moment de signer un contrat d’assurance peut changer la donne lors d’une indemnisation. Prenons un cas réel : un dégât des eaux. Si la franchise prévue est de 400 €, tout sinistre d’un montant inférieur sera entièrement à votre charge. Pour un dommage chiffré à 900 €, l’indemnité versée ne couvrira que 500 €. Ce genre de détail met en lumière l’intérêt de choisir une franchise en accord avec ses besoins et son appétence au risque.
Le montant de la franchise influe directement sur la prime d’assurance. Une franchise élevée permet de réduire la cotisation ; inversement, opter pour une franchise basse augmente la prime, mais limite les frais imprévus lors d’un sinistre.
Pour vous aider à mieux appréhender les possibilités d’ajustement ou d’allégement de la franchise, voici quelques pistes utiles :
- Rachat de franchise : certains assureurs comme la Matmut offrent la possibilité d’effacer ou de diminuer la franchise en échange d’une cotisation supplémentaire. Une option intéressante pour ceux qui veulent limiter leur reste à charge.
- Franchise remboursée : quand un tiers responsable est clairement identifié lors d’un sinistre, il est parfois possible de récupérer le montant de la franchise en fournissant à l’assureur les justificatifs nécessaires.
- Négociation possible : selon l’ancienneté de votre contrat ou à l’occasion d’un renouvellement, certaines compagnies acceptent de revoir le montant de la franchise. Cela mérite d’être discuté lors de la révision de votre couverture.
En définitive, tout dépend de votre profil et de votre expérience : une franchise élevée peut convenir si vous ne déclarez que rarement des sinistres, ou si votre historique est impeccable. À l’inverse, ceux qui redoutent une mauvaise surprise financière préfèreront une franchise basse, quitte à payer plus cher leur protection.
Lorsque le vent tourne et que le sinistre frappe à la porte, la franchise révèle toute son influence. Avant de signer, pesez chaque option : la tranquillité d’esprit se joue parfois à quelques euros près.


